Vos enfants sont ils intolérants à la frustration ? Question d’éducation ?

Vos enfants sont ils intolérants à la frustration ? Question d’éducation ?

dessin de J. L'intolérance à la frustrationMercredi dernier, j’écoutais une émission de radio sur l’intolérance à la frustration avec Didier Pleux, psychologue, psychothérapeute et Gwenaëlle Boulet rédactrice en chef d’Astrapi. Les premiers propos du psychologue, persuadé que tout est question d’éducation et qu’il faut confronter nos enfants tout jeune à la frustration pour qu’ils en prennent l’habitude, m’ont dans un premier temps un peu refroidie (du type remise en question de l’allaitement à la demande ! Ah, oui, vous êtes sûr ?!). Heureusement que Mme Boulet était là pour faire un peu le pendant et rattraper la brutalité du propos.

Oui, le constat est là, les enfants sont de plus en plus intolérants à la frustration. Nous sommes dans une société du plaisir immédiat, du tout maintenant, et nous-même sommes souvent dans cette intolérance. Je vous laisse en chercher les exemples dans votre vie de tous les jours .

Ce qui me fait peur dans les propos du psychologue tels que je les entends, c’est de comprendre, qu’il est important de créer de la frustration à nos enfants pour ne pas en faire des enfants rois se transformant en adultes rois, puis en tyrans ( presque le titre d’un livre de Mr Pleux). Et je me retrouve  en consultation avec des parents rigidifiés dans leurs principes éducatifs, des enfants dont les réservoirs affectifs ne sont pas remplis, et des situations familiales absolument conflictuelles. Pourtant les neurosciences confirment qu’il est absolument indispensable de se sentir en confiance, et affectivement comblé pour grandir harmonieusement.

Je préfère donc dire, que la vie apporte une confrontation naturelle à la frustration, dès nourrisson, et qu’il n’est pas souhaitable de tout faire pour éviter à l’enfant la sensation de frustration.

Même lors d’un allaitement à la demande, l’enfant va devoir attendre, ne serait-ce que sa mère voit ses signaux de faim, puis se prépare à allaiter, ce qui prendra quelques minutes qui sont largement suffisantes pour apprendre que tout ne vient pas immédiatement. Il n’est pas nécessaire de faire attendre le bébé une demi-heure systématiquement et intentionnellement pour lui apprendre à patienter. Ouf ! D’ailleurs, finalement, sous une approche un peu frontale, c’est certainement ce que veut dire Didier Pleux. Il a peut-être besoin de forcer le trait pour se faire comprendre.

On peut donc réconcilier les deux écoles, celle de la psychologie positive et de la communication non violente (parce que non, ce n’est pas tout permettre non plus que d’appliquer ces principes) et celle un peu plus cash : « la vie, c’est pas drôle tous les jours, alors autant l’apprendre tout de suite ! ».

Donc, l’expression de la frustration de nos enfants (sous forme de paroles, de bouderies, de cris) née des contraintes naturelles du quotidien, on se doit de l’accueillir telle qu’elle est, de l’entendre. Mais on ne se doit pas de l’effacer, ni de l’annuler, ni de tout faire pour la leur éviter. Thomas d’Assembourg dit : « Nos besoins ont plus besoin d’être reconnus que d’être satisfaits ». Idem pour la frustration. On se doit également d’accompagner cette expression de la frustration de nos enfants, par exemple, en rêvant avec eux que ce puisse être autrement (qu’est ce que ce serait bien d’avoir tout les cadeaux possibles à Noël !). On peut aussi les aider à revivre en parole d’autres événements durant lesquels ils se sont sentis frustrés, et puis finalement, la sensation a passée, et ils ont fini par penser à autre chose, et à faire d’autre chose, et que même c’était finalement sympa !

Et puis, il y a une éducation douce à la tolérance à la frustration. C’est quand on fait des activités dont la gratification est reportée : la cuisine, le bricolage… Quand on dit oui à ses enfants, mais « oui, pas tout de suite ! ». Gwenaëlle Boulet détaille quelques exemples inspirants dans l’émission.

Et puis toujours, comme les enfants prennent plus modèle sur ce que nous faisons que sur ce que nous disons de faire : Et, nous, parents, quels modèles sommes-nous dans notre tolérance à la frustration ?

Tout ceci dit, vous pouvez écouter cette émission très intéressante !

Je vous propose, à Dinan, un café parent chaque premier mercredi du mois. C’est gratuit et il faut s’inscrire par mail ou au 06 63 77 82 75.
Et le 12 novembre prochain, lors de la journée Bien-être Germe de Soi, je vous propose un atelier parentalité consciente.

 

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