Un atelier jeux libres en pleine nature pour les enfants

Un atelier jeux libres en pleine nature pour les enfants

On apprend la liberté et la nature

Un fond de champs tout près de l’école, des haies un peu sauvages avec arbres variés, ronces, orties, des ânes dans le champs d’à côté, des crottes d’animal non identifié, voilà le nouvel environnement des ateliers que je propose en Temps d’Activités Périscolaire.

Au fil de mes rencontres individuelles ou de groupes avec des enfants, de mes discussions avec les parents, de mes lectures, je suis de plus en plus persuadée qu’effectivement les jeunes générations souffrent du Syndrome de Manque de Nature (Nature Deficit Disorder) décrit par certains scientifiques et dont j’avais déjà parlé dans un précédent article .

J’ai donc décidé de passer à l’action, et les TAP du vendredi après midi sont un excellent terrain d’expérimentation. Désormais, nous irons passer cette heure et demi, dehors et plutôt que d’être force de proposition et d’animation, je serai juste témoin et soutien.

Normalement, la séance est  prévue quelque soit le temps, mais il y a 15 jours, il pleuvait des cordes, les enfants n’étaient pas prévenus, et donc pas équipés, nous sommes donc sagement restés à l’intérieur histoire de ne pas se dégoûter dès la première fois.  Mais vendredi dernier, grand soleil ! Nous avons donc sorti le tipi que j’ai bricolé et monté notre camp de base. Dans mes caisses, il y avait des nattes pour s’asseoir par terre, des planchettes de bois pour servir de support, des feuilles blanches, des feutres, des livres sur la nature, des râteaux, une corde, des contenants divers, des bambous coupés…

Mes 8 jeunes filles de 8 ans à 11 ans se sont éparpillées dans l’espace que j’avais désigné avec des cris de joies et en courant. Passé le moment de visite de l’endroit, les jeux spontanés se sont organisés : « notre métier se serait de dessiner la nature pour la faire visiter aux autres » m’a dit L. en dessinant un tas de crottes de lama (Et oui, j’ai appris que le cirque avait séjourné ici, il y a quelques temps) ! A. et deux de ses copines m’ont sollicitée pour fabriquer une tyrolienne, j’ai sorti la corde et nous l’avons attachée dans les arbres, mais surprise, cela ne marche pas aussi bien et aussi facilement que dans le dernier dessin animé qu’elles ont vu ! Y. et N. ont discuté avec les ânes, là, c’est moi qui ai mis une limite « Attention, les filles, j’ai peur que vous vous fassiez mordre, vous pouvez discuter avec mais peut-être pas les toucher, on ne les connait pas ! ». Il y a eu un jeu que je n’ai pas bien compris, il s’agissait de taper sur les branches tombantes d’un arbre, apparemment c’était du nettoyage. Je me suis retenue de les arrêter au prétexte que cela abîmait la nature, pour ne pas apporter encore les même contraintes que dans la cour de récréation. D’un point de vue physique, c’était très défoulant pour elles. Et j’ai eu la surprise que soudain Y. dise « je me rends compte que c’est pas très sympa pour l’arbre, je n’ai plus envie de le faire ! », cela a fait prendre conscience aux autres de ce qu’elles faisaient, et elles sont passées d’elles-même à autre chose. A. a crié en sautillant : « on apprend la liberté et la nature« , et puis il était l’heure de rentrer.

Jusqu’aux vacances de la Toussaint, je vous raconterai nos aventures en liberté dans la nature. Peut-être que cela vous inspirera à trouver vos instants natures, et à mettre plus de nature dans votre vie et celle de vos enfants.

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