L’école à la maison pour tous, les écrans

L’école à la maison pour tous, les écrans

Gérer les écrans 3/6/9/12

Je dis souvent que je suis heureuse que l’enfance de mes fils se soit passée avant le grand boom du numérique, nous y étions presque mais pas complètement. Nous avons eu ordinateur et connexion internet digne de ce nom quand ils avaient environ 12 et 14 ans, pas de smartphone avant la vingtaine, juste un téléphone portable à l’âge de la seconde. Ils avaient négocier de s’acheter avec leur argent de poche des game boy. Je sais quand même, que lorsque je m’absentais, après que vers 15 ans ils ont eu chacun un ordinateur, ils passaient des soirées très prolongées sur World of Warcraft. J’ai pu avoir un avant goût de ce qu’il peut se passer aujourd’hui. D’ailleurs, adultes aujourd’hui, ils passent un temps considérable devant un écran. Comme moi !

C’était vraiment un autre temps, et maintenant les enfants sont mis en contact avec les écrans très tôt . Nous sentons bien que ce n’est pas l’idéal, d’un côté on gagne des capacités nouvelles, mais d’un autre il y a de quoi s’inquiéter à voir nos enfants scotchés aux écrans. Alors, avec le confinement, l’exposition est encore plus importante. Comment gérer cela ?

Je vous avoue que je n’ai pas de réponse toute faite. Je ne peux que vous proposer mes pistes de réflexion. Dans ma pratique d’accompagnement parental, dans mon travail avec les groupes d’enfants, je vois bien les difficultés générées par les écrans.

Les propositions faites par les écrans et surtout les internets sont très attractives pour le cerveau humain, que ce soit les jeux, les vidéos, les réseaux sociaux, les programmes télévisuels. Tous sont très bien étudiés pour parler à notre propension naturelle pour le plaisir. C’est inné pour le cerveau, il ira toujours spontanément vers le plaisir et la facilité, il est câblé pour cela. Tous ces programmes entraînent une sorte additivité par les propositions d’amusements infinis qu’ils nous procurent. Ils est donc difficile d’y résister et d’y renoncer.

Devant une telle concurrence, la scolarité, la vie de famille, le travail, perdent de la saveur. Pas facile de rendre un cours de maths aussi fun qu’une vidéo du dernier youtubeur à la mode. Ni même un cours de sport aussi enthousiasmant qu’une partie de Fortnite. Difficile d’accepter le temps long nécessaire aux apprentissages quand tout à la télévision ou sur les internets va si vite. On se retrouve avec des enfants pas motivés du tout par le travail scolaire, la lecture, les sorties (en ce moment ce n’est pas un problème), les jeux autres que vidéo. Des enfants qui n’ont plus ni l’envie de bouger, ni l’occasion d’exercer leur mobilité. Embonpoint, manque d’endurance, problèmes oculaires, retard à l’apprentissage du langage, difficultés d’attention, agitation, agressivité, manque de motivation, perte de créativité….tout un tas de conséquences plutôt graves se dessinent et pourraient être liées à une exposition trop importante aux écrans.

Alors comment réguler cet accès aux écrans, faut-il le faire d’ailleurs ? Je crois bien que oui ! Ne serait-ce que pour redonner du mouvement aux enfants dont je détaille les besoins dans cet article. Et puis aussi parce que c’est un des facteurs d’un moindre accès à l’extérieur, à la nature, et cela aussi c’est préjudiciable. Nous ne serons pas toute notre vie en confinement ! Et puis parce que cela trouble l’imaginaire de nos enfants quand on ne leur offre plus que du prêt à penser, à mâcher. C’est un frein à la créativité. Dès tout petits et jusque longtemps, les enfants ont besoin de jouer, c’est leur outil d’apprentissage privilégié, mais ils doivent le faire avec tout leur corps, ce que ne permet pas les ordinateurs, même avec la manette de la WII truc. Parce que pour les plus fragiles, cela peut entraîner un renfermement sur soi, un arrêt des relations sociales. Parce que cela ne leur laisse plus la place pour s’ennuyer, et c’est pourtant très riche de s’ennuyer.

« Fais ce que je te dis, mais pas ce que je fais », en télétravail derrière son ordinateur, cela va être plus difficile de leur interdire l’écran ! Mais c’est aussi l’occasion de montrer ce que l’on fait pour le travail sur cet ordinateur et d’ouvrir le dialogue de ce qui se passe pour chacun sur les écrans. Il va falloir comprendre, que l’on ne peut se laisser un libre accès total aux écrans en tant qu’adultes et réglementer celui des enfants. Nous sommes leur exemple, souvenez-vous. Du temps partagé en dehors des écrans semble nécessaire pour faire passer la pilule.

Je trouve que les repères 3/6/9/12 de Serge Tisseron sont un bon guide, avec les trois principes qui les régissent, l’alternance, l’accompagnement et l’apprentissage de l’autorégulation . L’idée étant d’accorder à chacun un temps d’écran suivant son âge, et ceci pour chaque utilisation travail, loisirs, information, distraction, éducation, et pour les écrans en solitaires ou partagés. Il préconise de mettre en place un emploi du temps d’utilisation, peut-être un peu rigide au départ quitte à l’assouplir ensuite. Et il donne des conseils pour « apprendre à s’en servir, apprendre à s’en passer ».

Il est vrai que les écrans représentent une baby sitter bien pratique pour les adultes, mais le danger pour les tout-petits est vraiment important. Et vous verrez que dans les repères 3/6/9/12, ils leur sont fortement déconseillés. Le jeune enfant se nourrit de l’échange avec l’autre, et celui avec un écran n’est absolument pas bénéfique.

Pour ma part, en dehors de ce que je vous raconte en début de cet article, j’avais pour principe que personne n’avait de télévision dans sa chambre, même les parents. Nous ne regardions pas la télévision en mangeant, et les smartphone sont toujours interdits à notre table. Ils sont déposés sur un buffet. Cela marche plutôt pas mal. Et puis, jusqu’à peu encore, je n’étais pas l’ « amie » de mes grands adolescents sur les réseaux sociaux.

Voilà encore un beau défi, pour récolter les fruits de cette période sans école en présentiel.

Restez chez vous, Portez-vous bien

Sur la page Facebook les parents ont du talent, je mets en ligne chaque jour un mandala à colorier.

Je suis disponible par téléphone, skype, Facetime (on trouvera bien un moyen), pour vous aider dans cette période difficile pour l’exercice de votre parentalité. Au tarif spécial de 20 euros la séance d’une heure. Réservation au 06 63 77 82 75.
Je reste bien sûr disponible aussi pour accompagner les enfants, et les jeunes sur leurs apprentissages. Je peux donner un coup de pouce pour organiser le travail des lycéens qui préparent le baccalauréat, mais aussi s’il leur reste des lettres de motivation pour les inscriptions parcours sup. On fera tout cela en ligne.

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