L’école à la maison pour tous, l’autonomie

L’école à la maison pour tous, l’autonomie

L'autonomie des enfants

L’autonomie, c’est un bien grand mot ! Beaucoup utilisé dans l’éducation, tellement souhaité par les parents, vanté par les professeurs. Et en cette période de confinement juste implorée pour laisser les adultes remplir leurs obligations de travail.

La question de l’autonomie concerne nos enfants dès leur plus jeune âge. Elle fait l’objet de concours : quel nourrisson fera ses nuits le plus tôt, lequel marchera avant les autres, tel élève de sixième fera ses devoirs seul à son bureau. Concours qui se transforme à l’adolescence en une série de reproches : pas assez mur, pas autonome dans ses devoirs, dans ses recherches scolaires, dans son orientation, influençable par ses copains, ne sait pas ce qu’il veut, n’arrive pas à travailler…

En fait, cette autonomie dont on nous rabat les oreilles, c’est une autonomie de « faire », elle est souhaitée par l’adulte pour se faciliter la tâche, pour avoir moins de travail, pour réussir à gérer tout ce qu’il a à faire. Mais toutes ces actions que l’on voudrait voir faire par nos enfants le plus vite possible, ne sont possible que si une autre autonomie s’est développée.

Je parle de la vraie autonomie, celle qui fait que l’on sait qui on est, que l‘on se connait avec ses réactions, ses émotions, ses faiblesses, ses capacités, ses besoins intimes. Je dis toujours que l’autonomie ne se donne pas, elle se prend ! Elle ne se prend que lorsque l’on en est capable et cela, ce n’est jamais à l’autre d’en décider.

On voudrait que nos enfants soient autonomes, et on ne les laisse pas décider seul d’un nombre considérable de choses qui les concernent intimement. C’est une autonomie de l’intime qu’il faut les aider à développer : est-ce que j’ai faim, froid, chaud? Est-ce que je me sens triste ? Est-ce que je suis déçu ? Comment je sais que j’ai sommeil, que j’ai assez mangé, que je suis fatigué ? Est-ce que j’ai envie de faire pipi ? Est-ce que je me sens capable de me servir de l’eau au pichet dans un verre en verre ? Est-ce que je suis capable de descendre seul les escaliers ?

Les parents doivent veiller à la sécurité de leurs enfants, à leur bien-être, mais pas leur communiquer leurs propres peurs, ou bien les contraindre dans leurs capacités.

Tout un tas d’injonctions que nous faisons aux enfants vont à l’encontre de la prise d’autonomie : fini ton assiette, goûte les légumes, passe aux toilettes avant de sortir, va faire pipi dès que tu te lèves, vous n’avez le droit d’aller aux toilettes qu’à la récréation, ou bien, il faut lever le doigt pour pouvoir s’y rendre. Mais non tu n’as pas mal, arrête de pleurer, allez c’est fini, ne soit pas triste..

Ce n’est pas parce que l’on rentre tout seul de l’école avec sa clé autour du cou dès 7 ans, ou que l’on fait ses exercices en « autonomie », que l’on est autonome. L’autonomie ne se prépare pas, ne se travaille pas en se séparant ou en faisant seul, bien au contraire et c’est cela qui est intéressant en cette période ou nos enfants sont toujours avec nous. Le résultat sur le long terme pourrait être bien plus profitable que de faire ses exercices de maths ou de français.

Déjà, vous aurez compris qu’il faut revoir cette façon que nous avons de parler aux enfants qui leur intime de faire tout un tas de choses. Il est nécessaire de leur laisser de l’espace pour vivre ce qui est de l’ordre de l’intime, du corporel, ne pas tout gérer à leur place. Plutôt que « va faire pipi avant de sortir », dire « nous allons rouler une heure, tu ne pourras pas faire pipi, est-ce que cela ira, ou aurais-tu besoin d’y aller tout de suite ? ». Ce n’est pas la même chose, dans un cas on ne laisse pas l’occasion de sentir le besoin, dans l’autre on donne toutes les informations pour gérer un besoin.

Il ne faut pas croire non plus que parce que ce sont nos enfants, ils ont forcément les mêmes envies et besoins que nous. Il n’est pas souhaitable d’appliquer sur eux ce que nous ressentons nous-même. Si nous sommes sensible, colérique, rêveur, tête en l’air, ordonné, l’enfant ne l’est peut-être pas…

Lorsqu’un enfant fait une maladresse, il est courant de le réprimander, de râler : « Je te l’avais bien dit ! Quel maladroit ! Tu ne peux pas faire attention ! ». Il se sentira alors nul, pas capable, n’osera plus essayer, ne prendra plus d’initiative et peut-être sera incapable plus tard de choisir une orientation. Le verre cassé est juste le résultat d’un essai, d’une coordination qui a besoin de s’exercer. Il est nécessaire d’encourager les enfants à expérimenter avec toute notre tendresse et notre amour, de valoriser leurs réussites, et de les inviter à persévérer en cas d’échec.

En partageant avec eux, on peut les aider à identifier leurs émotions, et à les prendre en compte. « Oh, tu es triste parce que ton frère a cassé ta construction, c’est cela ?», « Est-ce que tu pleures parce que tu es fatigué ? ». En racontant que nous nous sentons joyeux quand nous voyons du soleil dehors, ou énervé quand nous voyons tout le ménage à faire, nous les invitons à explorer leurs propres émotions.

Ces prochaines semaines, au placard les expressions du type : tu es méchant, feignant, chi…! Mieux vaut parler de ses propres émotions face au bazar et aux petits incidents de la vie quotidienne. Tout en évitant le chantage affectif. Finir son assiette pour faire plaisir à maman et papa qui ont fait la cuisine ne favorise pas l’autonomie intime (avoir assez mangé ou pas), passer sa journée dans le pull de Mamie en laine qui gratte, non plus.

Travailler cette autonomie de façon individuelle en ces temps de confinement, même en vivant les uns sur les autres, pourra avoir de grands retentissement sur les capacités d’apprentissage parce que cela améliorera grandement la confiance en soi de nos chérubins petits ou grands.

Restez chez vous, Portez-vous bien.

Sur la page Facebook les parents ont du talent, je mets en ligne chaque jour un mandala à colorier.

Je suis disponible par téléphone, skype, Facetime (on trouvera bien un moyen), pour vous aider dans cette période difficile pour l’exercice de votre parentalité. Au tarif spécial de 20 euros la séance d’une heure.
Je reste bien sûr disponible aussi pour accompagner les enfants, et les jeunes sur leurs apprentissages. Je peux donner un coup de pouce pour organiser le travail des lycéens qui préparent le baccalauréat. On fera tout cela en ligne.

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