L’école à la maison pour tous, la lecture

L’école à la maison pour tous, la lecture

Les droits du lecteur de Daniel Pennac

Est ce que ce temps à la maison ne serait pas le moment pour favoriser la lecture ? Ce serait un bon projet, qui durerait dans le temps, car prendre goût à la lecture, c’est pour toute la vie ! Alors facile à dire, mais comment fait-on ? Car dire : « il faut que tu lises plus ! » « Va lire un livre dans ta chambre ! », est assez inefficace, je suis sûre que vous l’avez déjà expérimenté.

Il y a longtemps maintenant, j’ai découvert le livre Comme un roman de Daniel Pennac, je lisais déjà ses romans avec grand plaisir. Mais là, c’est un essai sur la lecture, et les droits du lecteur, et c’est juste une trouvaille énorme. Depuis, je m’en suis beaucoup inspirée, pour mes enfants, mais aussi pour ceux que j’accompagne.

Je l’ai déjà dit plus d’une fois, les enfants font spontanément ce qu’ils nous voient faire. Ils font beaucoup moins facilement ce que nous leur disons de faire. Alors forcément, si vous n’ouvrez jamais un livre en présence de vos enfants, c’est moins évident d’exiger qu’ils le fassent. Il est important que les enfants voient les adultes lire : des livres, des journaux, sur papier, sur écrans (lire, pas regarder des vidéos), des recettes, des consignes de bricolage, des modes d’emplois… « Attends, je lis le mode d’emploi pour voir comment le faire fonctionner ! » … « Je vais d’abord lire la liste des ingrédients et tous les sortir, alors…du lait ! Tu peux sortir le lait ? » … « J’ai lu tout à l’heure dans un article que les chats pouvaient dormir 17h sur 24 »… Faites en un élément de votre langage, on utilise le verbe lire et non le verbe voir. Sans être lourd et ajouter systématiquement, « la lecture sert à cela» ou « quand tu sauras lire, tu pourras le faire » ou «  si tu lisais, tu le saurais aussi » ! Auquel cas, cela devient une pression mise sur l’enfant ou le jeune et vous risquez d’obtenir l’effet inverse : une aversion pour la lecture. Et si vous même n’aimez pas lire, et ne souhaitez pas faire quelque chose pour que cela change, et bien vous êtes l’exemple de votre enfant, donc vous ne pouvez exiger qu’il lise. Vous pouvez tout juste espérer qu’il tombe sur quelqu’un qui lui en donnera l’envie.

Quand on parle de la lecture pour les enfants, nous les adultes nous pensons immédiatement aux classiques de la littérature. En fait, c’est cela que nos jeunes sont sommés de lire, sous peine que nous soyons inquiets pour leurs études. Pourtant, nous sommes assez peu de parents à en lire régulièrement nous même. Si vous observez vos enfants, en fonction de leur âge, peut-être allez vous remarquer qu’ils lisent des BD, des mangas, les boites de céréales le matin au petit-déjeuné, des informations diverses sur internet, des journaux pour enfants, des sms, des commentaires facebook (hum, pas toujours du français très rigoureux), des blagues carambar, les petits mots écrits que vous leur laissez…et bien c’est de la lecture ! Vos enfants savent lire, et sont entrés dans le processus de communication qu’est la lecture. A partir de là, il faut arrêter de dire qu’ils ne lisent pas, ils ne se sentiront plus enfermés dans un comportement dont ils ne peuvent sortir.

J’ai toujours fait la lecture à mes enfants. Tout-petits, avec des albums jeunesses le soir avant de se coucher, c’était pour moi un énorme plaisir. Mais j’ai continué très longtemps de leur faire la lecture, bien après qu’ils sachent lire eux-même. Je l’ai déjà mentionné dernièrement, je leur lisais un livre, chapitre par chapitre, juste après le petit déjeuné. C’était toujours un livre trop compliqué pour eux à lire seul. Et au coucher, j’essayais de leur faire la lecture individuellement. C’est ainsi qu’avec l’aîné de mes enfants, nous avons découvert les premiers Harry Potter, que j’ai lu plusieurs fois, puisque je les ai relu à ses frères. Je leur ai lu aussi des livres de Jules Verne, et désormais je suis persuadée qu’ils n’y comprenaient pas grand chose, mais profitaient juste du moment de câlin et de bercement de ma voix avant de dormir !

La grande règle ici est que ce n’est pas à l’adulte de décider d’arrêter la lecture à haute voix pour l’enfant, mais à l’enfant de dire à son parent, que c’est bon, il préfère lire seul désormais !

Il n’est pas nécessaire de lire aussi bien que la bibliothécaire, ou que Juliette raconte, pour faire la lecture à ses enfants. Une lecture toute simple convient très bien, et à force de le faire, votre capacité à lire à haute voix va s’améliorer. Et c’est toujours bon d’être en apprentissage en même temps que ses enfants ! Ils le sentent et y sont sensibles. Cela veut dire qu’avec un lycéen qui rechigne à lire L’étranger de Camus *, et si vous ne l’avez jamais lu, vous pouvez toujours lancer le défi de le lui lire, chapitre par chapitre. Sur le livre suivant, vous lirez peut-être chacun votre tour un chapître. Et cela autant de temps qu’il sera nécessaire pour que votre jeune se sente capable de ce type de lecture seul. Cette période de confinement me semble le moment idéal pour ce genre de projet.

A l’adolescence de mes fils, j’ai lu moi-même beaucoup de romans de littérature destinée aux adolescents, parce que cela me plaisait et que je pouvais partager leurs lectures, parler du livre, m’enthousiasmer pour les personnages et leurs aventures avec eux. Cela me permettait aussi de mieux comprendre ce que vivait mes enfants dans cette période. C’est souvent un bon reflet de leurs vécus.

Aujourd’hui, nous poursuivons ces partages littéraires. Chacun est un lecteur différent, celui qui lisait des classiques étant adolescent lit plutôt de la fantasy désormais, un autre qui était moins intéressé par la lecture enfant rattrape le temps perdu en lisant de tout. En tout cas, les livres continuent de circuler entre nous.

En cette période de confinement, si vous ne disposez pas d’une bibliothèque bien garnie chez vous, voici quelques initiatives qui pourraient vous aider à mettre un focus sur le plaisir de lire :

Une expérience de lecture quotidienne à partir de 13 ans sur les réseaux sociaux des éditions PKJ, l’île de Vincent Villeminot.
Avec les plus petits, explorez le site de L’Ecole des Loisirs. Au lieu de laisser les enfants regarder seuls comme des dessins animés les livres mis en vidéo, coupez le son et lisez vous même les textes !
Certaines maisons d’édition mettent en ligne des BD gratuitement en ce moment.
Un très chouette album jeunesse  en ligne dès 3 ans et jusqu’à 10 ans voire plus, sur la joie.

Restez chez vous, portez-vous bien.

 

*Je ne pense pas qu’il soit approprié de lire en ce moment La peste de Camus, ou Le husssard sur le toit de Giono, quoique, à vous de voir.

Un autre article à lire écrit il y a quelques années, avec encore une autre piste pour aimer et faire aimer la lecture, ainsi que celui-ci sur l’appétence à la lecture des jeunes enfants, ou encore celui-là sur les albums jeunesse autour de l’heure du coucher pour les jeunes enfants.

Sur la page Facebook les parents ont du talent, je mets en ligne chaque jour un mandala à colorier.

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