L’école à la maison pour tous, gérer ses émotions

L’école à la maison pour tous, gérer ses émotions

Des fraises, gérer ses émotions

Voici un sujet qui ne s’adresse pas qu’aux enfants. La période est propice à l’étude de nos émotions, nous vivons une situation inédite avec des événements forts qui peuvent venir nous troubler. Et de l’expression plus ou moins forte de nos émotions va dépendre l’ambiance familiale.

Dans gérer ses émotions, grand nombre d’entre nous entend : maîtriser, lisser, éviter les débordements, calmer, nier, effacer…

Suivant cette définition, on l’exige des enfants dès leur plus jeune âge, on accuse les adolescents de ne pas maîtriser leurs émotions et bien des parents se sentent victimes de leurs propres débordements émotionnels.

Sous ce prétexte là, on va demander aux enfants de ne pas pleurer, de ne pas crier, de ne pas se rouler par terre. Nous allons très mal prendre un mot de travers de la part de notre adolescent, une porte claquée, une bouderie interminable. Et nous allons nous sentir coupables (déjà un très bon signe) d’avoir hurlé parce que la maison était en bazar.

En fait les émotions ont une utilité pour nous les hommes. Elles font partie de notre intuition, elles nous avertissent bien avant que notre raison puisse le faire de ce qui se passe pour nous à un instant T. La joie nous dit que nous sommes sur le bon chemin, au bon moment ; la tristesse que nous avons besoin de repli pour trouver nos ressources intérieures ; la peur que quelque chose nous menace ; la colère que nos valeurs sont remises en cause ou attaquées ; le dégoût que nous ne pouvons pas faire ce qui nous est demandé.

L’émotion est très fugace et ne dure que quelques secondes, au-delà elle se transforme en sentiment, ce qui est, alors élaboré par le mental. Il y a d’autres sensations qui ne sont pas des émotions : la fatigue, la faim, la douleur…

Les émotions se manifestent par une sensation physique pas toujours facile à identifier : poids sur la poitrine, serrement de gorge, maux de ventre, chaleur, raideur, montée de larmes… Ces sensations sont différentes pour chacun d’entre nous, et pour chaque émotion.

Nous naissons armés d’une capacité émotionnelle intacte, les nouveaux-nés ressentent déjà leurs émotions et sont très sensibles à celles des autres. Par contre, nous mettons des années à les identifier, savoir ce qu’elles veulent nous dire, et comment répondre à ces émotions. Car notre cerveau immature à la naissance n’en a pas les capacités, et ne l’aura complètement qu’aux environs de 25 ans. Il va falloir progressivement en faire l’apprentissage.

Voilà qui explique les débordements émotionnels des très jeunes enfants, très immatures face à la compréhension de leurs émotions. Ils ne comprennent pas ce qui leur arrive, que cette sensation c’est la peur de voir maman partir, ou la colère de devoir arrêter un jeu. Longtemps l’accumulation d’émotions non exprimées dans la journée donnera lieu à un débordement émotionnel non adapté lorsque l’enfant se retrouve en sécurité avec sa figure d’attachement.

Ce besoin de maturation du cerveau autour des émotions explique aussi les « bugs » émotionnels vécus par nos adolescents, les accès de colères soudain, les replis sur soi interminables, le mécontentement incessant…

Un défaut d’accompagnement dans la connaissance de ses émotions donne des adultes « gérant » mal leurs émotions.

Vous aurez compris que pour accompagner au mieux nos enfants dans la connaissance de leurs émotions, il est déjà important de ne pas les considérer comme des manipulateurs, des coléreux, des peureux et bien comprendre qu’ils sont en découverte. Notre travail consiste à mettre des mots sur leurs émotions pour qu’eux-même, petit à petit, commence à les identifier.

Les réflexion comme : arrête de pleurer, cela ne fait pas mal ! Mais non, cela ne fait pas peur ! Tu es grand, tu n’as pas besoin de pleurer ! Arrête ton cinéma ! Tu n’es pas beau quand tu es en colère!… sont purement de la négation d’émotion. Cela envoie le message à l’enfant que ce qu’il ressent n’est pas valable, il n’a pas à le ressentir. Cela brouille sa connaissance intime, il ne sait plus ce qu’il ressent et comment l’interpréter.

Au contraire un accueil des émotions telles qu’elles sont : Tu pleures parce que tu as eu peur que Maman ne revienne pas ? Je vois que tu es en colère après ton frère parce qu’il a cassé ta construction ! Tu es malheureuse parce que ta copine ne te parle plus ? Oh, oui cela fait mal de s’écorcher le genou ! Cela offre la possibilité de s’exprimer sur le ressenti, d’autant mieux, si l’adulte se contente d’écouter et d’acquiescer sans proposer d’intervention ou de solution. Cela permet à l’enfant progressivement de remplacer la manifestation par les larmes ou les cris de son émotion par des mots.

Progressivement, chacun d’entre nous doit pouvoir ressentir l’émotion, la reconnaître, identifier le déclencheur et ensuite décider en conscience de la laisser s’exprimer, et sous quelle forme l’exprimer, ou bien trouver ce qui permet de la réguler sans l’exprimer aux autres. Bien souvent, les émotions reconnues et entendues, même seulement par soi-même, sont déjà la solution du problème.

Je ne suis pas très fan, des petits trucs comme le coussin de colère, où l’on tape un coussin pour faire sortir sa colère. L’expression violente et systématique de la colère, est peut-être un défouloir, mais peut aussi appeler encore plus de violence et de colère. La reconnaissance par un tiers de la colère plutôt que la négation (Ce n’est pas si grave ! Il n’y a pas de quoi se mettre en colère!…), permet souvent à la personne de trouver des ressources en elle pour calmer sa colère, ou pour changer la situation provoquant la colère. La colère nous donne souvent la force de sortir de notre zone de confort pour changer les choses, cela peut donc être aussi un atout.

L’exclusion (va te calmer dans ta chambre) n’est pas non plus très bonne pour les jeunes enfants en colère qui se sentent alors abandonnés, rejetés, ou mal aimés quand ils expriment leurs émotions, dans un moment où ils ont besoin de soutien pour passer outre ce débordement émotionnel. J’avoue que de bonne foi, je l’ai souvent pratiquée avec mes enfants. Aujourd’hui, je ne le ferais plus. A la place, je tenterais de patienter et d’accompagner au mieux ce moment avec mon enfant, en proposant juste d’être là et un contact physique en attendant qu’il se calme.

Il y a désormais beaucoup de ressources autour de la connaissance des émotions. Il existe des livres pas tous égaux dans leur qualité. Pour vous guider j’adore ce que fait Christine Roussey avec la série Dans mon petit cœur avec Jo Witeck et la série de Mon cochon dingue. Sans en avoir l’air, elle aborde les émotions dans la vie quotidienne avec beaucoup d’humour. Il y a des cartes pour aider à identifier ses émotions, celles de Bougribouillon  , et celles de l‘appentie Girafe  et tout un tas de ressources à explorer en même temps sur ces deux blogs.

Sur le blog plusieurs des anciens articles sont un bon complément de lecture sur le sujet des émotions :
http://lesparentsontdutalent.fr/vos-enfants-sont-ils-intolerants-a-la-frustration-question-deducation/
http://lesparentsontdutalent.fr/tu-veux-du-pain/
http://lesparentsontdutalent.fr/affiner-nos-talents-avec-isabelle-filliozat/

Sur la page Facebook les parents ont du talent, je mets en ligne chaque jour un mandala à colorier.

Je suis disponible par téléphone, skype, Facetime (on trouvera bien un moyen), pour vous aider dans cette période difficile pour l’exercice de votre parentalité. Au tarif spécial de 20 euros la séance d’une heure. Réservation au 06 63 77 82 75.
Je reste bien sûr disponible aussi pour accompagner les enfants, et les jeunes sur leurs apprentissages. Je peux donner un coup de pouce pour organiser le travail des lycéens qui préparent le baccalauréat, mais aussi s’il leur reste des lettres de motivation pour les inscriptions parcours sup. On fera tout cela en ligne.

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